LA FRANCE QUI PERD: La tentation communautariste

Eglise

Valréas : moins de 10.000 habitants; une petite ville située dans l’Enclave des Papes. En 1317, le pape Jean XXII achète l’agglomération qui est ainsi mise sous l’autorité des Etats du Saint-Siège. La Révolution marque un tournant dans l’histoire de la cité. Valréas est rattachée à la France. Situé dans le Vaucluse, Valréas est une terre de vins, de mistral et de lavande. Valréas est une ville chargée d’histoire. On est ici au coeur de la France profonde. L’Enclave des Papes est aussi une vieille terre chrétienne : la très belle église romane Notre-Dame de Nazareth du XIIème siècle, la Chapelle des Pénitents Blancs et Noirs, les Tours des Cordeliers témoignent d’un passé flamboyant. A la périphérie du centre-ville, la municipalité a construit une mosquée pour répondre aux besoins de la communauté musulmane. Située à proximité du quartier historique, la mosquée Marie-Vierge de Valréas est le symbole de la tentation communautariste qui traverse la société française. Dans cette région du sud de la France où le Front National et Jean-Marie Le Pen réalisent des scores bien supérieurs à la moyenne nationale, la coexistence entre la communauté musulmane et la population de culture chrétienne est souvent difficile. Ici, le citoyen français se définit d’abord par son appartenance à une communauté ethnique ou religieuse : un communautarisme dangereux pour la cohésion de l’Etat-Nation, un communautarisme qui oppose les Français au lieu de les réunir. Le communautarisme français, ou la France qui perd son unité, son unicité, sa laïcité.

Jacques Allaman

Ecoutez le reportage (2′58”) :

 

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LA FRANCE QUI GAGNE: Montpellier ou l’art de vivre

Coincés dans leurs préjugés, les Suisses romands oublient souvent à quel point ils aiment s’évader en France, que ce soit pour un week-end ou pour des vacances.

Ces mêmes Suisses qui, avec les Anglais, y rachètent à tour de bras des résidences secondaires, surtout dans la moitié sud du pays. Le climat y est bien sûr pour quelques chose, mais il n’explique pas tout.

L’art de vivre “à la française” n’est pas une fiction. Et ce n’est pas qu’une histoire de bon vin, de camembert et de bagette de pain. La France, ce sont des petits villages bucoliques, mais pas seulement. Ce sont aussi des villes dynamiques qui ont su se transformer à grande vitesse.

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Montpellier est l’un des exemples les plus frappants. Il aura suffit d’une dizaine d’années pour que cette ville se transforme complètement. Dernier chambardement en 2004: en quatre mois tout son centre historique est devenu totalement piétonnier. Et la transformation ne s’arrête pas là. La ville a confié aussi à Ricardo Bofill, le célèbre architecte, la construction d’un tout nouveau quartier, “Antigone”, à quelques pas de la place de la Comédie, le lieu où tout se passe, où tout commence à Montpellier.

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Un réaménagement urbain qui entraîne un nouveau réseau de transport public avec notament la construction tambour battant de 3 nouvelles lignes de tram.

Une politique volontariste qui doit beaucoup au pouvoir élargi du maire en matière d’urbanisme. Une spécificité française où l’on estime que la démocratie fonctionne par délégation, délégation du peuple à son maire élu, aujourd’hui la socialiste Hélène Mandroux.

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Le résultat est en tout cas spectaculaire: Avec ses 250′000 habitants, Montpellier est la ville de France qui connaît la plus forte croissance démographique: +9% par an depuis 1999. L’une des villes qui crée le plus d’emploi. Et c’est un pépinière en terme de formation: plus de 60′000 étudiants venus de toute l’Europe, à l’image d’Edith la Roumaine.

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Seul bémol, le taux de chômage ne baisse pas, l’afflux de nouveaux habitants dépassant celui pourtant vif de la création d’emploi. Mais peu importe semblent dire tous ceux qui s’installent dans la ville de Juliette Greco. Tous s’accordent pour clamer sur tous les toits:

“Montpellier, c’est un art de vivre”.

Marc Decrey

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LA FRANCE QUI PERD : Le cauchemar du petit propriétaire

Bella

Le logement est l’un des grands thèmes de la campagne électorale en France. Les candidates et candidats sont notamment à l’écoute de l’association des Enfants de Don Quichotte qui a sensibilisé l’opinion publique aux probèmes des sans abri. Il y a environ 100.000 personnes sans domicile en France sur une population de 63 millions d’habitants. Dans un contexte général très tendu en matière de logements, le locataire est paradoxalement surprotégé. En France, déloger un locataire mauvais payeur est quasiment impossible. Le locataire français est juridiquement presque irresponsable.

Bella (voir photo) est représentative de ces innombrables petits propriétaires qui louent leur maison pour arrondir des fins de mois souvent très difficiles. Des petits propriétaires aujourd’hui sans défense face à des locataires sans scrupule qui refusent de payer leur loyer ou qui abandonnent du jour au lendemain des appartements dévastés. La France qui perd son droit à la propriété ou la France qui perd ses repères fondamentaux en matière de civilité et de responsabilité.

Jacques Allaman

Ecoutez le reportage (2′53”) :

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LA FRANCE QUI GAGNE: Petite enfance; allo maman… bébés

France 1,9 - Suisse 1,4

En matière de taux de fécondité, le match France-Suisse est éloquant. La Suisse se situe dans la moyenne européenne de 1,4  (naissance/femme), alors que la France est largement au-dessus.

Il y a bien sûr la tradition, dans ce pays catholique très attaché aux valeurs familiales. Il y a aussi les allocations familiales, fruit d’une politique nataliste lancée après la dernière guerre par le gaulliste Michel Debré. Mais cela n’explique pas tout.

Il faut aussi invoquer la prise en charge des enfants dès le plus jeune âge et qui permet ainsi aux femmes qui le souhaitent, ou qui en ont la nécessité, de continuer de travailler après leur congé maternité. La France qui ne fait pas de la maternité une affaire privée. Les gouvernements de droite comme de gauche ont toujours soutenu et même développé la prise en charge des enfants.

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On le retrouve dans toute l’organisation de la chaîne pré-scolaire et scolaire. Exemple aujourd’hui à Larringes, un village de Haute-Savoie, situé sur les hauts d’Evian.

Ce sont d’abord  les mamans de jour contrôlées et agrées par la CAF (la caisse d’allocation familiale). On trouve ensuite les garderies d’enfants puis l’école maternelle dès 2 ans et demi. Avec, toujours pour les mamans qui travaillent, une pré-garderie dès 7h30 le matin, la cantine scolaire à midi et une post-garderie jusqu’à 17h30

Autant de prestations subventionnées par la CAF, et cela en fonction du niveau de salaire des parents.

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Ainsi pour la garderie ou les mamans de jour, il en coûte aux parents de 60 centimes à 3 euros de l’heure selon le revenu. Pour l’école le repas est à 4 euros et les frais divers (repas, pré-garderie,etc..) sont soutenus par une allocation parentales d’au moins 13o euros par mois, pouvant aller jusqu’à 450 euros par mois pour les plus bas revenus.

Une organisation perfectible comme le dit Laure Cholley, mais une organisation qui fonctionne et qui permet aux femmes de choisir librement leur mode de vie.

Un système unanimement qualifié de gagnant par les principales intéressées.

 Marc Decrey

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LA FRANCE QUI PERD: Airbus, ou le retour du nationalisme économique

La France est sous le choc. Airbus a annoncé la suppression de 10.000 postes sur quatre ans : 4.300 postes en France, 3.700 en Allemagne, 1.600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne. Airbus est dans la tourmente : crise de l’actionnariat, crise de management, crise de la relation franco-allemande.

En pleine campagne présidentielle, les problèmes que rencontre l’avionneur européen prennent une résonnance très particulière. A Toulouse, les syndicats déconcent des restructuration qui touchent d’abord la France.

 

CGT

Xavier Petracchi délégué CGT est en colère. Toulouse doute de la pertinence de la collaboration économique avec l’Allemagne. Dans une ville symbole du couple franco-allemand, le repli identitaire est perceptible. Airbus, ou le retour du nationalisme économique, Airbus, ou la France qui perd de vue l’Europe pour mieux défendre son pré-carré.

Jacques Allaman

 

Ecoutez le reporage (2′49”) :

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LA FRANCE QUI GAGNE: Déchets nucléaires, tout n’est pas résolu

Même si au sortir d’une visite de l’usine Areva de la Hague on ne peut être que convaincu de la maîtrise technologique du procédé de retraitement, toutes les questions liées au nucléaire ne sont pas résolues,  avant tout celle des déchets.

Halle d’entreposage provisoire

Si le retraitement des combustibles usés permet de réduire considérablement la volume des déchets, les produits de fission hautement radioactifs contenus dans les containers en acier produits à la Hague devront être stockés ensuite dans des cavernes, et cela durant des milliers d’années.

Même si leur radioactivité aura fortement diminués au bout de 300 ans, ils ne pourront tout de même pas être approchés.

Alors: existe-t-il des espoirs de voir cette période de stockage fortement diminués? La France a-t-elle des solutions en vue?

Eric Blanc, vice-directeur de la Hague

La réponse d’Eric Blanc, le vice-directeur de l’usine de retraitement de la Hague

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LA FRANCE QUI GAGNE: Areva, le pari gagnant du nucléaire

Usine de la Hague

Nouvel exemple de la France qui gagne: l’énergie nucléaire. Ou plutôt un exemple de la France qui pourrait gagner.

Pourtant j’ai hésité. Etait-il possible de mettre le choix français du “presque” tout nucléaire en matière d’électricité, dans le volet consacré à la France qui gagne?

Ce choix initié par le Général de Gaulle dans les années soixante, et confirmé ensuite par tous ses successeurs, celui de faire de l’énergie nucléaire la source de pratiquement toute l’énergie électrique du pays. Avec pour résultat aujourd’hui 58 générateurs nucléaires qui produisent 80% de l’énergie électrique française.

Un choix qui pendant plusieurs années a pu passer pour perdant, la France se retrouvant isolée au milieu d’une Europe cherchant à sortir du nucléaire.

Mais aujourd’hui, avec le retour du nucléaire dans le débat énergétique, réchauffement climatique oblige, le choix français pourrait se transformer en pari gagnant. D’autant plus que la France est aussi le pays qui a développé la technologie du recyclage des déchets nucléaires, en construisant l’immense usine de retraitement de la Hague. Une usine qui tourne actuellement au 2/3 de sa capacité, mais qui voit désormais les pays étrangers se presser à sa porte. Rien qu’aux Etats-Unis, pas moins de 50′000 tonnes de combustibles usés attendent soit d’être enfouis soit d’être recyclés.

Piscine d’entreposage des combustibles usés

Le retraitement des combustibles usés permet avant tout de réduire le volume des déchets puisque les 96% d’uranium appauvri sont extraits pour être à nouveau enrichis et servir à nouveau de combustible. Seuls 4% sont transformés en déchets hautement radioactifs pour être plus tard définitivement stockés. Quand au 1% de plutonium produit dans le réacteur, il est aussi isolé pour être ensuite mélangé à de l’oxyde d’uranium et transformé ainsi en nouveau combustible appelé MOX. Une technioque qui permet aussi à Areva de transformer le plutonium militaire en combustible civil pour les centrales.

Eric Blanc devant le hublot en verre plombé

La France qui compte ainsi, selon Eric Blanc, le vice-directeur de l’usine de la Hague, 10 ans d’avance dans le développement de cette technologie.

Petite visite de l’usine Areva de la Hague, après hésitation tout de même:

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LA FRANCE QUI PERD: La rigidité du code du travail, une compétitivité en berne

Comme de très nombreux entrepreneurs, Bernard Vergier, président de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises de Vaucluse, désire une réforme des 35 heures et du code du travail.

PME

Il faut dire qu’en France, le droit du travail est d’une extême rigidité. Il repose sur deux grands postulats intangibles : la multiplication des procédures et les obligations de reclassement pour les enteprises. Pour les PME, cette complexité du droit du travail est synonyme d’insécurité juridique.  Mais l’effet le plus pervers du code du travail est de freiner les embauches au lieu de protéger véritablement le travailleur. Cette philosophie trouve ses origines à la fois dans les avancées de la gauche mais aussi dans une culture de droite, historiquement centralisatrice. Les 35 heures sont bien évidemment l’emblème de cette rigidité sociale : elles ont pénalisé les PME, accéléré l’augmentation du SMIC au détriment de l’évolution de la grille des salaires dans les grandes entreprises, mis en exergue la perte de compétitivé de l’économie française en Europe et dans le monde. La rigidité du code du travail, ou la France qui perd des emplois et des parts de marché dans une économie aujourd’hui globale.

Jacques Allaman

Ecoutez le reportage (3′10”) :

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LA FRANCE QUI GAGNE: Des Nos 1 mondiaux à la pelle

La France qui gagne ce sont aussi des Nos 1 mondiaux connus ou inconnus:

 Parmi les grands groupes:

-Areva: Nucléaire                                      -Michelin: Pneumatiques

-Axa: Assurances                                    -St Gobain: Verrerie et fonderie

-Bic: Stylos et matériel d’écriture           -LVMH: Produits de luxe

-Dassault: Aviation d’affaires                   -EDF: Distribution électrique

-L’Oréal: Cosmétiques                             -Veolia: Services à l’environnement

-Etc…

Et les PME:

-Zodiac: Pneumatiques et toboggans aviation

-SEB: cocotte-minute et article de cuisine

-Haemmerlin: brouette

-Etc…

4850 entreprises françaises ont été rachetées ces 5 dernières années par des fonds d’investissement essentiellement américains. Ces entreprises génèrent 200 milliards de chiffres d’affaires, occupent 1,5 millions de salariés et ont créé  60′000 emplois

Marc Decrey

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LA FRANCE QUI GAGNE: Bénéteau, no1 mondial de la plaisance

Pendant plus de 100 ans, le nom de Bénéteau n’a été connu que de quelques pêcheurs. Et c’était bien normal, puisque depuis 1884 les Bénéteau n’ont fait que construire des bateaux de pêche.

Mais au début des années 70, une femme, Annette Roux hérite du chantier artisanal de son grand-père. A cette époque Eric Tabarly est devenu le héros de la France et les congés-payés déferlent sur les rivages de la France. Annette Roux devine avant tout le monde le boom qui va survenir dans la plaisance. Elle se lance dans la fabrication de bateaux à voile en polyester et crée le First 30 qui connnaîtra un succès sans précédent.

                    Siège social Bénéteau en Vendée         First, la classe!

35 ans plus tard la marque First est toujours une référence nautique et Bénéteau est devenu le leader mondial de la plaisance: 7 usines pour la marque Bénéteau, mais aussi les chantiers Jeanneau, Wauquiez, CNB ou encore la construction de mobile homes ou de Microcars. Au total plus de 5000 employés, 1,3 millions de francs de chiffres d’affaire, dont 60% à l’exportation.

                          Gamme Wauquiez         Prêts pour l’export       

Un succès mondial qui a déteint sur toute la Vendée, devenue un véritable pôle mondial de la construction de voiliers.

Chez Bénéteau on a dû créer un cursus de formation pour pallier au manque de personnel, et l’introduction des 35 heures s’est traduite par une réorganisation complète du travail dans les ateliers. Une vraie réussite selon Florence Gouby, la responsable de l’Ebénisterie Bénéteau.

Florence Gouby

 Seules ombre au tableau, le manque de place de port qui bloque la marché français. Mais, qu’à cela ne tienne, Bénéteau  exporte désormais 60 % de sa production, en bel exemple d’une France qui gagne.

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